Quand nos algorithmes sont contaminés, ils peuvent nous infecter.
Les garçons et les jeunes hommes sont de plus en plus exposés à des contenus misogynes et haineux en ligne, même sans les rechercher. Et cette exposition répétée peut finir par influencer leur façon d’agir et de penser.
Les contenus néfastes ne se présentent pas toujours comme tels. Au départ, il peut simplement s’agir de conseils sur la confiance en soi, les relations amoureuses, l’activité physique ou la réussite. Mais les plateformes, conçues pour maximiser l’engagement, peuvent recommander progressivement des contenus qui alimentent de plus en plus la haine, la misogynie, la colère et le ressentiment, jusqu’à ce que ces derniers finissent par influencer la façon dont les jeunes se perçoivent et perçoivent les autres.
Voilà pourquoi il est important de prendre conscience du contenu qu’on consomme et avec lequel on interagit en ligne, tout comme d’agir pour mieux orienter nos algorithmes. On doit apprendre à reconnaître, à remettre en question et à rejeter les contenus misogynes, haineux ou extrémistes, afin de freiner leur propagation avant qu’ils ne finissent par nous influencer.
Un Brisons le cycle.
Algorithmose est une campagne de Ruban Blanc qui révèle comment la misogynie en ligne est amplifiée et propose des moyens concrets pour l’interrompre.
Aidez-nous à mettre ces outils entre les mains d’un plus grand nombre de familles, de membres du personnel éducatif et de communautés partout au Canada. Votre don soutient les campagnes d’éducation du public de Ruban Blanc et nous aide à poursuivre notre travail pour contrer la misogynie en ligne, promouvoir des masculinités saines et prévenir la violence fondée sur le genre.
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Le contenu n’est pas la seule cause.
Changeons le fil. Changeons ce qu’il nous apprend.
Peu de garçons cherchent volontairement ce genre de contenu. Et encore moins cherchent à y adhérer. La plupart veulent simplement gagner en confiance, créer des liens ou trouver leur place. Mais les plateformes sont conçues pour retenir notre attention le plus longtemps possible. Elles nous proposent donc toujours plus de ce qui nous garde devant l’écran — que ce soit sain pour nous ou non.
Entraîner nos algorithmes à nous pousser des contenus plus sains n’est qu’une partie de la solution. Il faut aussi aiguiser notre esprit critique et dénoncer la haine et la misogynie quand on en est témoin, en ligne et ailleurs. On doit valoriser des modèles de masculinité sains, favoriser le dialogue à la maison, soutenir le personnel éducatif et inciter les entreprises technologiques et les gouvernements à prendre des mesures pour prévenir la misogynie et la radicalisation en ligne.
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Comment s’installe l’algorithmose
Comprendre le mécanisme, c’est déjà un premier pas pour le déjouer.
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Les plateformes de médias sociaux sont conçues pour nous faire visionner, cliquer, défiler à l’infini. Chaque interaction, même les fractions de secondes passées à s’attarder sur telle ou telle publication, fournit à l’algorithme des indices sur ce qui retient notre attention. Plus on reste longtemps sur une plateforme, plus elle peut générer de revenus publicitaires. Son objectif premier est donc de maintenir notre engagement, sans nécessairement faire la différence entre un contenu qui contribue à notre bien-être et un autre qui provoque simplement une forte réaction.
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Les garçons et les jeunes hommes se posent naturellement des questions sur la masculinité, les relations, l’identité, la confiance en soi et leur place dans le monde. Ils peuvent chercher des conseils de mise en forme ou de séduction, du contenu sur les jeux vidéo ou simplement quelque chose de drôle. Rien de malsain là-dedans. Mais chaque recherche, chaque clic et chaque visionnement peut influencer ce que la plateforme leur proposera ensuite.
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Un contenu qui suscite une réaction forte, curiosité, frustration, colère, indignation, peut retenir l’attention plus longtemps. L’algorithme le remarque et recommande alors des contenus semblables, mais parfois un peu plus provocateurs ou extrêmes. Le changement est subtil. Chaque recommandation semble être naturellement en lien avec la précédente, alors que, peu à peu, le fil prend une autre tangente.
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Avec le temps, le fil d’un jeune peut lui présenter une vision de plus en plus limitée et extrême de la masculinité, des relations et du genre. Certains contenus misogynes présentent les femmes comme étant le problème, font passer la domination pour de la force ou transforment des sentiments bien réels de solitude et d’incertitude en blâme et en ressentiment. À ce stade, le jeune n’a même plus besoin de chercher ces contenus: ils viennent à lui.
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À force d’y être exposé, on peut finir par percevoir certaines idées extrémistes comme répandues, crédibles ou socialement acceptables. Certaines communautés fermées en ligne peuvent renforcer encore davantage ces messages en offrant aux garçons un sentiment d’identité et d’appartenance, tout en les éloignant de valeurs comme l’empathie, l’égalité et les relations saines.
Cela ne veut pas dire que les jeunes sont passifs ou incapables de faire leurs propres choix. Cela signifie simplement que ces choix se font dans un environnement conçu pour influencer ce qui capte leur attention.
C’est cet engrenage que la campagne Algorithmose cherche à enrayer.
Une prescription pour un fil en meilleure santé
White Ribbon propose des gestes simples et concrets pour mieux contrôler ce qui apparaît dans votre fil d’actualité, plutôt que de le laisser vous contrôler. Ces recommandations reposent sur la même expertise que nos campagnes comme Boys Don’t Cry – qui prennent appui sur des recherches, ressources et programmes de White Ribbon portant sur les masculinités saines, l’égalité des genres et la prévention de la violence, auxquels s’ajoutent des travaux sur le bien-être numérique, notamment ceux de la Dre Kaitlyn Regehr sur la «nutrition numérique ». Pas besoin de supprimer vos applications ni de quitter les réseaux sociaux. L’idée est plutôt de choisir activement ce que vous consommez, au lieu de simplement subir ce que vous vous faites proposer.
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Prenez le temps d’examiner ce qui apparaît réellement dans votre fil — seul, avec vos enfants, vos élèves ou un ami. Quels messages reviennent souvent? Comment vous font-ils sentir? Que disent-ils de la masculinité, des femmes, des relations et du respect? On peut être surpris de ce qu’on découvre lorsqu’on observe son fil consciemment plutôt que de le faire défiler machinalement. Parents et adultes peuvent aussi faire l’exercice avec les jeunes: pour ouvrir la discussion, pas pour les surveiller ou les punir.
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Qui a créé ce contenu? Que cherche-t-on à vous faire croire? Qui gagne à vous garder devant l’écran? Méfiez-vous des conseils qui misent sur la peur, le ressentiment, l’humiliation ou la domination, ou qui désignent tout un groupe comme responsable d’un problème.
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Les mentions J’aime, les commentaires, les partages, les revisionnements et même le temps passé sur un contenu contribuent tous à entraîner votre fil. Choisissez donc vos interactions. Désabonnez-vous des comptes qui propagent la haine ou la misogynie et recherchez des contenus qui valorisent l’empathie, l’égalité, les relations saines et le développement personnel.
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Vous avez cliqué sur une publication et, vingt minutes plus tard, vous regardez quelque chose de beaucoup plus intense et sans grand rapport avec votre point de départ? C’est l’engrenage. Le simple fait de le reconnaître peut parfois suffire à l’enrayer.
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Demandez-vous ce que vous étiez venu faire en ligne, où vous vous êtes retrouvé et surtout, comment vous vous sentez après coup. Si certains contenus vous laissent régulièrement en colère, isolé, honteux ou plein de ressentiment, il est peut-être temps de décrocher et d’en parler à quelqu’un en qui vous avez confiance.
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Le but est d’ouvrir la conversation, pas de confisquer le téléphone. Les jeunes ont besoin d’un espace où ils peuvent parler de masculinité, de relations amoureuses et d’appartenance sans se sentir jugés. Parents, adultes et membres du personnel éducatif peuvent les écouter avec ouverture, les aider à décoder ce qu’ils voient et leur proposer d’autres perspectives, plutôt que de réagir avec inquiétude ou de fermer la discussion. Un garçon qui se sent écouté sera beaucoup plus enclin à laisser les adultes qui l’entourent l’aider à mieux décoder ce à quoi il est confronté.
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Un fil en meilleure santé n’est qu’une partie de la solution. Il faut aussi dénoncer la misogynie lorsqu’on la rencontre, pratiquer le consentement et le respect dans nos relations, soutenir nos proches et promouvoir des modèles de masculinité plus sains. Les jeunes ne peuvent pas régler le problème seuls. Les entreprises technologiques doivent empêcher leurs plateformes d’amplifier les contenus néfastes. Les gouvernements doivent renforcer les mesures de protection et de responsabilisation. Et les adultes comme les institutions doivent donner aux garçons les connaissances et le soutien nécessaires pour naviguer de en ligne façon sécuritaire.
Pour les jeunes dans les espaces numériques
Les jeux vidéo, les médias sociaux, les discussions de groupe, les diffusions en direct et les communautés en ligne font partie du quotidien. Ils peuvent vous aider à rester en contact avec vos ami·e·s, à découvrir de nouveaux intérêts et à trouver des personnes qui les partagent. Mais ce que vous voyez en ligne n’est pas le fruit du hasard. Les plateformes apprennent de ce qui retient votre attention, tandis que les personnes et les communautés peuvent influencer ce qui vous semble normal, drôle ou vrai. Comprendre le fonctionnement de ces influences vous donne davantage de contrôle sur votre expérience.
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Vous est-il déjà arrivé de cliquer sur une vidéo, une publication ou un mème et de vous retrouver, 20 minutes plus tard, devant un contenu complètement différent? Portez attention à ce parcours. Qu’est-ce qui l’a déclenché? Qu’est-ce qui vous a incité à continuer? Le contenu est-il devenu plus agressif, plus sexiste, plus négatif ou plus extrême au fil du temps? Reconnaître ce schéma permet de l’interrompre plus facilement.
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Voir le même message encore et encore peut donner l’impression que tout le monde pense de cette façon. Ce n’est pas le cas. Votre fil d’actualité, vos recommandations et vos communautés en ligne ne vous montrent qu’une petite partie du monde, en fonction notamment de ce qui suscite votre engagement et celui des autres. Avant d’accepter quelque chose comme vrai ou normal, sortez de cette bulle et cherchez d’autres perspectives.
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If you clicked on one thing and, twenty La colère, l’indignation, l’insécurité et la controverse peuvent être difficiles à ignorer, et les plateformes peuvent l’apprendre. Remarquez le contenu qui provoque une réaction chez vous, même lorsque vous n’êtes pas d’accord avec celui-ci. Regarder, répondre, argumenter, partager ou revenir à plusieurs reprises sur un contenu peut influencer ce qui vous sera proposé par la suite.
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Ne vous contentez pas de faire défiler le contenu que vous ne voulez pas voir façonner votre expérience en ligne. Utilisez les outils à votre disposition : désabonnez-vous, masquez, bloquez, signalez ou indiquez à la plateforme que ce contenu ne vous intéresse pas. Ensuite, recherchez activement les choses dont vous voulez voir davantage et interagissez avec elles : de nouveaux intérêts, passe-temps, créateur·rice·s, communautés et perspectives qui élargissent votre univers en ligne plutôt que de le restreindre.
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Vous ne faites pas que recevoir du contenu; vous contribuez aussi à façonner les espaces et les relations qui vous entourent. Réfléchissez à ce que vous aimez, partagez, prenez à la blague et dites aux autres. Vous pouvez dénoncer la misogynie, refuser de vous joindre aux attaques contre une personne ciblée, soutenir un·e ami·e, quitter une communauté toxique et choisir de traiter les autres avec respect, en ligne comme hors ligne.
Les médias sociaux, les jeux vidéo et les autres espaces numériques peuvent être des sources positives d’amitié, de créativité, de divertissement et d’appartenance. Mais ils peuvent aussi exposer les jeunes à des blagues misogynes, au harcèlement, à des idées rigides sur la masculinité et à des communautés qui rendent les femmes et les filles responsables des frustrations des garçons. Ces messages peuvent provenir d’ami·e·s et de pairs, mais aussi d’autres joueur·euse·s, de créateur·rice·s, de personnes qui diffusent du contenu en direct, d’influenceur·euse·s, de discussions de groupe, de forums et de contenu recommandé.
Si votre enfant passe du temps en ligne
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Les applications, les jeux et les plateformes qu’ils utilisent ne représentent qu’une partie de leur expérience en ligne. Posez-leur des questions sur les personnes qu’ils suivent, les créateur·rice·s qu’ils regardent, les discussions de groupe auxquelles ils participent, les communautés dont ils font partie et le contenu qui leur est recommandé. Ces espaces peuvent influencer les attitudes des jeunes tout autant que la plateforme ou le jeu lui-même.
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La misogynie ne commence pas toujours par du contenu manifestement extrême. Elle peut prendre la forme de blagues sexistes, d’insultes envers les femmes et les filles, de pressions incitant les garçons à se montrer dominants, de moqueries envers ceux qui expriment leur vulnérabilité ou de contenu qui présente de façon répétée l’égalité des genres comme une menace. Soyez attentif·ve lorsque ces messages deviennent répétitifs ou de plus en plus hostiles, ou lorsqu’ils commencent à influencer les attitudes et les comportements d’un jeune hors ligne.
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Intéressez-vous aux espaces numériques que les jeunes dans votre vie apprécient. Selon leur âge, cela peut vouloir dire jouer avec eux, regarder leur fil d’actualité ensemble, regarder le contenu d’un·e créateur·rice qu’ils suivent ou simplement leur poser des questions sur les personnes et les conversations qu’ils rencontrent en ligne. Abordez ces conversations avec curiosité plutôt qu’avec jugement. En restant ouvert·e, vous augmentez les chances qu’ils viennent vous parler lorsque quelque chose les met mal à l’aise ou les laisse perplexes.
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Expliquez pourquoi les blagues misogynes, le harcèlement et les stéréotypes peuvent causer du tort, même lorsqu’ils sont présentés comme de l’humour ou que tout le monde semble « être dans le coup ». Aidez les jeunes à apprendre, selon leur âge, à remettre en question les messages nuisibles, à répondre ou à quitter une conversation, à soutenir une personne ciblée, à bloquer ou à signaler des comptes nuisibles et à rechercher des créateur·rice·s et des communautés fondées sur le respect.
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Une seule conversation ne protégera pas un jeune de toutes les influences nuisibles en ligne. Revenez régulièrement sur le sujet, donnez l’exemple en adoptant des attitudes saines à l’égard du genre et de la masculinité, et faites-lui comprendre qu’il peut venir vous parler sans craindre de perdre immédiatement l’accès aux jeux, aux plateformes ou aux communautés qu’il apprécie.
Faites participer votre organisation à la conversation
Les attitudes auxquelles les garçons et les jeunes hommes sont exposés en ligne peuvent se transposer dans les salles de classe, les milieux de travail et les relations professionnelles. En commanditant Algorithmose, votre organisation peut contribuer à élargir la portée de cette campagne nationale tout en mobilisant son personnel autour d’une conversation urgente sur la misogynie en ligne, les masculinités saines et le rôle d’allié.
Communiquez avec nous à info@whiteribbon.ca pour en savoir plus.
Ce projet est financé par Femmes et Égalités des genres Canada.
Avec la fière contribution de :